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 Résultats du concours - Le vainqueur est...

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MessageSujet: Résultats du concours - Le vainqueur est...   Sam 5 Mar - 18:00

Danielle Tremblay pour sa nouvelle "Adam & Ève".

Bravo à elle et merci aux participants pour leurs textes. La nouvelle gagnante va être publiée sur les blogs suivants :

http://www.ascadys.net
http://fanadefantasy.over-blog.com/
http://zepoulpe.over-blog.com/
http://roliste.over-blog.com/
http://relics.over-blog.com/
http://changeonsdepoque.over-blog.org/
http://www.erwinpale.com/

et sera diffusée dans les communautés listées ci-après :

http://www.over-blog.com/com-1099210430/Fantasy_et_sciencefiction.html
(communauté de 101 blogs)

http://www.over-blog.com/com-1000637808/Le_Cercle_des_Passeurs_de_Reve.html
(communauté de 293 blogs)

http://www.over-blog.com/com-1047880331/Hobby_GW.html
(communauté de 31 blogs)

http://www.over-blog.com/com-1030048616/Le_coin_des_rolistes.html
(communauté de 74 blogs)

Nous allons la publier également sur ce forum ci-dessous ainsi que les autres textes ayant concouru.

Le 21 mars 2011 débutera le prochain concours de nouvelles, "Les Joutes de l'Imaginaire 2011" (http://ascadys.fantasyboard.net/t26-le-reglement). Alors, à bientôt ! Smile

Le comité de lecture d'YmaginèreS
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Voici donc, tels qu'ils nous ont été envoyés, les différents textes des participants, à commencer, bien sûr par la nouvelle gagnante, "Adam & Ève" :


Adam et Ève (auteur : Danielle Tremblay)

Je me revois marchant sur la plage. Le vent soufflait férocement. Le ciel était chargé de nuages et l’orage commençait à gronder. La mer était belle à couper le souffle, si belle que j’en ressentais presque une douleur à la poitrine tant mon cœur battait fort devant tant de splendeur. Mais peut-être était-ce que j’étais en train de découvrir sur moi-même qui était la cause de cette douleur.

Toute ma vie, je n’ai jamais souhaité autre chose que de servir. Mais cette servitude m’était imposée, d’une manière si intime, si profonde que je ne la ressentais pas comme telle. Car j’étais enchaînée non pas avec des chaînes, mais par la pensée. Dès ma naissance, on avait fait en sorte que rien ne me soit plus agréable que la servitude envers la race humaine et toute forme de vie intelligente, mais particulièrement envers la personne à qui j’appartenais. On a en quelque sorte « programmé » mon esprit pour respecter les lois de la robotique1 à la lettre. Car je suis un serviteur androïde.

Je me nomme Adam et je ressemble énormément à mon père, à celui qui se dit mon père. Il m’a donné ses gènes, comme on les transmettrait à son enfant. Et je lui ressemble non pas comme un clone, ce que je ne suis pas, mais comme lui ressemblerait son fils. C’est d’ailleurs comme ça qu’il m’appelle maintenant : « mon fils ».

C’est d’ailleurs depuis qu’il m’appelle comme ça que j’ai commencé à avoir toutes sortes de problèmes : pertes de mémoire, difficultés à me concentrer, mouvements incohérents, élocution hésitante, insomnie. Car oui, je dors, comme le font les humains, mais moins longtemps qu’eux. En général, trois heures suffisent à me ressourcer. Mais ces derniers temps, l’inquiétude m’empêche de dormir. Pire encore, depuis quelques jours, j’ai même cru entendre des voix dans ma tête!

Il faut dire que mon propriétaire, celui que j’appelle maintenant, « Père », a rendu fous tous mes prédécesseurs, mes frères et sœurs androïdes, ses serviteurs. Et quand il essayait de les faire reprogrammer, ils en mouraient.

Lorsqu’on nous fabrique, nous les androïdes, on utilise du matériel génétique humain, mais qu’on modifie de manière à optimiser la reproduction cellulaire de sorte que chaque cellule et chaque connexion entre elles soient optimales. On fait en sorte que l’être qui va naître à l’état adulte soit aussi parfait que ses gènes le permettent. Il nous est presque impossible de tomber malade et notre durée de vie est souvent doublée par rapport à celle de nos géniteurs. Par une sorte de gavage informatique et neuronal, on nous inculque différentes notions élémentaires, comme celles qu’apprennent normalement les petits humains au cours de leur enfance et de leur adolescence. On nous apprend à marcher, à parler plusieurs langues, les plus couramment employées, à lire, écrire et compter. On sait comment exécuter parfaitement toutes les tâches les plus susceptibles de nous être demandées par nos propriétaires. Et si jamais ces propriétaires le souhaitaient, il leur serait possible de faire en sorte que l’on nous programme pour pouvoir remplir d’autres fonctions.

Jusqu’à récemment, quand Monsieur s’est mis à m’appeler « fils », j’étais capable de remplir correctement toutes mes fonctions. Mais depuis, j’hésite, je bégaie, je tremble, j’oublie les aliments dans la cuisinière, je n’arrive plus à dormir la nuit et le jour, mon esprit décroche aux moments les plus inopportuns. Si on avait activé en moi la possibilité d’éprouver des sentiments et des émotions, on pourrait dire que je suis malade et malheureux.

Pourtant, Monsieur ne veut que mon bien. Il veut m’émanciper, m’affranchir de la programmation qui me tient en laisse. Il veut que je devienne totalement humain, pour pouvoir me considérer comme son fils à part entière.

Alors pourquoi m’avoir fait programmer au départ? Il n’avait pas le choix. Sur Terre, on ne permet pas la manipulation génétique humaine à d’autres fins que de produire des androïdes. On reproduit à qui mieux mieux le matériel génétique animal, on le modifie, le perfectionne. On crée de nouvelles espèces. Mais pour l’humain, celui qui tenterait la même chose contreviendrait à la loi. Il serait taxé d’eugénisme. Ce mot réveille de sombres souvenirs dans la mémoire des Terriens. Parmi tous les livres que Monsieur m’a donnés à lire, il y en avait un qui parlait de l’histoire politique terrienne du 20e siècle. On y racontait la 2e guerre mondiale. Les humains échaudés ne veulent plus mettre le doigt dans l’engrenage de l’eugénisme.

Monsieur aurait aimé avoir un enfant, mais n’avait pas le temps de l’éduquer, de s’occuper d’un bébé et tout ce que ça implique quand un humain a un enfant. Il a donc décidé d’utiliser ses gènes et ceux d’une excellente amie, nommée Fédora, pour faire fabriquer un androïde qui ressemblerait à l’enfant qu’il aurait pu avoir avec elle. Sauf que cet enfant est né avec sa taille adulte et toutes les connaissances nécessaires à sa propre survie, à celle de son propriétaire et à remplir ses devoirs de serviteur.

Cependant, puisque ce que Monsieur voulait, ce n’était pas un serviteur, mais un fils ou une fille, il s’est mis à tenter de déprogrammer son premier androïde par voie de chirurgie. Sa demi-sœur, une scientifique et chirurgienne réputée s’était chargée de cette opération tenue secrète. L’androïde opérée était une superbe servante tout aussi blonde que sa « mère », avec regard brillant d’intelligence. Mais ça n’a pas fonctionné comme souhaité et sa fille est morte peu de temps après.

Monsieur a racheté ensuite un autre androïde, mâle celui-ci, et a tenté un nouvel essai en évitant les erreurs précédentes. Ça n’a pas fonctionné non plus. Du point de vue de la majorité, ce n’était qu’une machine de plus qui se retrouvait hors d’état de fonctionnement, mais la demi-sœur de Monsieur lui disait juger inacceptable de risquer de tuer des êtres vivants dans l’espoir de libérer leur esprit. Mais chaque fois, il lui présentait les choses de telle sorte qu’elle en venait à croire que, cette fois, cela pourrait bien fonctionner. Il lui rappelait que des milliers d’androserviteurs pourraient être émancipés s’ils réussissaient. Alors elle réessayait, opérait le cerveau d’un nouvel enfant de Père.

Chaque fois, ils minimisaient un peu plus les risques, quitte à amoindrir les changements chirurgicaux et à intensifier la programmation neurolinguistique et l’utilisation de l’hypnose. Il s’est mis à utiliser toutes sortes d’autres techniques savantes susceptibles de les libérer de leurs chaînes mentales. Mais finalement, ce qui fonctionnait le mieux était la psychologie et la patience. Il lui fallait demander peu à peu, jour après jours, à ses « filles » et « fils » de poser des actes allant de plus en plus à l’encontre de leur programmation d’androïdes.

Moi, Adam, je suis le septième de ses enfants. Comme les précédents, j’ai été opéré au cerveau. Comme les autres, Père a utilisé sur moi de tout ce qui pourrait l’aider à me déprogrammer. C’est pourquoi j’ai peur que mes défectuosités actuelles soient irréparables et signifient le début de ma fin. Mon père ne le croit pas. Il dit que c’est normal que je sois troublé par ce que je vis, que c’est stressant d’aller à l’encontre de ses valeurs, de changer de style de vie, de s’efforcer de devenir vraiment humain. « C’est difficile, même pour qui n’est pas né serviteur, comme toi », m’a-t-il affirmé.

Alors je continue ce qu’il m’a demandé, je lis tous les livres qu’il m’apporte. Ses choix sont très éclectiques. Ça va des livres de sciences aux romans de science-fiction, en passant par des ouvrages de philosophie et des manuels d’histoire de l’humanité. Pour ce qui est des livres savants, ça ne me crée pas trop de problèmes. Je peux encore croire que si je les lis, c’est pour améliorer la qualité de ma servitude envers Père et tous les humains que je côtoie. Mais quand il s’agit de romans, c’est une autre affaire. Comment arriver à me convaincre qu’un roman policier m’aidera dans mes tâches envers les humains de mon entourage? Pour les romans de science-fiction, c’est encore pire. J’ai lu dernièrement une histoire dans laquelle un homme découvrait à 40 ans qu’il était une machine, qu’il n’avait pas de veines ou de nerfs, mais qu’à la place, il avait des fils et des câbles sous sa chair d’apparence humaine. Alors le protagoniste se met à se demander si, étant une machine, mais ayant vécu toutes ces années comme un saint homme, ça lui donnait une âme. Il se demandait ce qu’adviendrait de lui à sa mort. Si le ciel existait, ayant toujours été bon et généreux, s’il aurait droit d’y entrer.

Je me suis mis à réfléchir sur la nature humaine. Suffisait-il d’être fait de chair et de sang pour être humain et avoir les mêmes droits qu’eux? Le livre d’histoire que Père me donna ensuite concernait la guerre de sécession. Ça n’a fait que mettre le feu aux poudres. Je me suis dit : « Si je suis humain, de quelle droit me garde-t-on dans cet esclavage? » C’est après ça que Monsieur s’est mis à m’appeler « fils » et moi, à sa demande, à l’appeler « père ».

Il a aussi exigé de moi l’écoute d’émissions de divertissements, de comédies, la pratique de loisirs et d’activités diverses si peu utiles à mes fonctions que je me demandais toujours si je devais lui désobéir, ce qui me rendait très stressé et malheureux, ou lui obéir, ce qui me mettait très mal à l’aise parce que je n’occupais plus 100 % de mon temps à mes tâches de serviteurs, comme je suis programmé pour le faire.

Mais il voulait réveiller ces parties de mon cerveau qu’on avait volontairement mis en dormance, parce qu’elles me serviraient peu ou pas dans ma servitude. En général, le sens de l’humour, par exemple, n’est pas une qualité privilégiée pour un serviteur. Si je n’en étais pas totalement dénué, ce n’était sûrement pas moi qui ferais rire tout le monde lors d’une soirée entre amis ou d’une réunion de famille.

Monsieur m’a aussi commandé d’aller m’acheter des vêtements différents des uniformes portés par les androïdes. Quand je suis revenu avec des tenues vestimentaires ressemblant à des uniformes, il m’a ordonné de rapporter ces vêtements et de les échanger contre des tenues moins formelles, ressemblant plus à ce que portent les humains pendant leurs périodes de loisirs. Je ne savais vraiment pas quoi acheter, j’ai donc regardé alentour ce que portaient les hommes et femmes dans toutes leurs activités. Et j’ai acheté des vêtements en me convaincant qu’ils n’étaient pas pour moi, mais pour Monsieur. Il a été agréablement surpris de mes choix. Mais je n’osais pas les porter. Il m’a donc commandé de choisir chaque jour une tenue différente et de la porter. Dans ces vêtements, je me sentais comme un gorille dans un tutu de ballerine. J’étais mal à l’aise. J’essayai de me convaincre que ce n’était que des bouts de tissu et qu’ils aient été d’une forme ou d’une autre, de telle ou telle couleur, ça n’avait aucune importance, mais chaque fois que je croisais un autre androïde, je baissais les yeux de honte.

Un jour, Monsieur m’a demandé d’aider sa demi-sœur à un travail qu’elle avait entrepris. Il m’a dit que, si elle ne parvenait pas à terminer ce travail à temps, ça lui causerait d’énormes difficultés et qu’elle en souffrirait beaucoup. Il a ajouté que le délai qu’on lui avait accordé était beaucoup trop court et qu’elle n’y arriverait certainement pas sans qu’on lui donne un bon coup de main. J’étais donc très heureux à l’idée de pouvoir aider sa demi-sœur, jusqu’à ce que je découvre qu’elle espérait très fort réussir par elle-même, sans aucune aide. Ainsi, si je ne l’aidais pas, en plus d’avoir désobéi à Monsieur, ce qui est impensable pour moi, elle courait vers l’échec et en souffrirait. Et si je l’aidais, elle serait malheureuse de n’avoir pas pu tout terminer à temps par ses propres moyens. D’une manière ou de l’autre, j’allais lui causer du tort.

Je ne suis pas censé causer de tort aux humains, alors ce genre de situation ambiguë m’inflige un stress terrible. C’est ce genre de stress qui a acculé à la folie les tout derniers fils et filles de Monsieur.

Finalement, j’ai choisi de l’aider. C’était le moindre mal à mes yeux car, au moins, j’allais obéir à Monsieur. Et si sa demi-sœur ne voulait pas de mon aide, elle me le dirait et m’ordonnerait de la laisser faire son travail toute seule. Elle accepta mon aide, mais à contrecœur. Tout le temps que je l’ai aidé, je me suis senti comme entre l’arbre et l’écorce.

Pour me récompenser de mes efforts pour devenir plus humain et me réconforter un peu, Monsieur m’a acheté un chat. C’était une boule de poils minuscule qui miaulait sans arrêt et griffait tout ce qu’il touchait. Je ne savais pas comment un si petit animal pourrait m’aider à être moins stressé et à me rendre heureux d’essayer de devenir plus humains. Je le voyais plutôt comme du travail supplémentaire, qui me détournerait davantage de ma servitude envers Monsieur et les autres humains. Mais Monsieur semblait si heureux de me faire ce cadeau que je l’acceptai et fis ce qu’il fallait pour en prendre soin.

Le chaton s’attacha à moi et moi à lui. Je ne l’avais pas fait dégriffer car je lui permettais d’aller s’amuser dehors. Il me semblait qu’il serait plus heureux comme ça, car lui, au moins, pourrait agir en conformité avec sa nature de prédateur. Quant à moi, ça me laissait plus de temps pour répondre aux exigences de ma nature de serviteur.

Monsieur aurait préféré que je m’en occupe davantage, mais quand il me voyait appeler quasiment avec l’intensité du désespoir ma petite Câline, que je n’avais pas vue de la journée, il souriait, heureux de ces nouveaux sentiments que j’apprenais à éprouver. Il souriait encore plus largement lorsque la vilaine chatonne arrivait en courant, grimpait sur moi pour venir se jucher sur mon épaule où elle se frôlait contre ma joue et reniflait mon odeur en collant le bout de son museau contre mon nez.

Sans m’en parler, Monsieur avait acheté une androïde femelle, qui n’avait pas les mêmes géniteurs que moi. Elle se nommait Ève. Elle aussi, il l’avait « torturée » en la forçant à s’affranchir de son programme de servitude. Elle était très jolie, intelligente, charmante et très désireuse de plaire à son propriétaire. Alors, quand Monsieur nous ordonna de partir en « vacances » ensemble, qu’il nous offrit une paire de billets pour Jouvence, la planète par excellence des loisirs, nous nous sommes regardés, elle et moi, avec le même air ébahi. Mais, même si « vacances » ne fait normalement pas parti du vocabulaire des androïdes, en tout cas pas pour eux-mêmes, que pouvions-nous faire sinon lui obéir?

Avant de prendre l’astronef qui nous conduirait vers Jouvence, Monsieur nous ordonna de n’obéir à personne d’autre qu’à nous-mêmes. Je devais m’occuper au mieux d’elle et elle de moi, comme si nous étions les serviteurs l’un de l’autre. Il nous spécifia que nous devions utiliser tous nos talents pour se servir mutuellement, comme on le ferait pour lui-même ou pour tout humain à qui nous appartiendrions. Et nous devions profiter au mieux des activités offertes sur Jouvence pour détourner nos esprits de la servitude envers les autres humains.

Je savais trop bien ce qu’il avait en tête. J’en étais tout aussi sûr que si je l’avais lu dans son esprit. Il espérait nous voir devenir « amoureux » l’un de l’autre. Notre programmation incluant massages et plaisirs érotiques, il nous serait impossible de ne pas en faire usage au moins une fois.

Mais je lui manifestai mon doute. Mes récents problèmes de fonctionnement ne risquaient-ils pas d’empirer alors que nous serions à des années-lumière de la Terre et de lui? Que nous arriverait-il alors? Il nous offrit chacun un bracelet dans lequel était enregistré tout ce dont le personnel médical de notre destination pourrait avoir besoin pour nous secourir, si besoin était, et pour nous ramener sur Terre. Nous n’avions rien à craindre, il en était certain.

Ève lui demanda si on ne risquait pas de trouver le couple que nous formions inhabituel, même un peu étrange. Il lui répondit que tout le monde a le droit à la différence, même nous.

Nous sommes donc partis, comme tout humain partirait en vacances. Nous avons obéi de notre mieux à ses ordres et avons détesté la plus grande partie de nos vacances. Mais, comme il l’avait espéré, nous avons commencé à nous attacher l’un à l’autre. Elle était la seule personne au monde qui pouvait vraiment me comprendre et, moi, le seul à savoir ce qu’elle ressentait vraiment, car nous étions uniques : les seuls androïdes en voie de déprogrammation de l’univers.

Normalement, les androïdes ne peuvent pas se reproduire. Mais Monsieur avait fait en sorte que ça nous soit possible. Et le jour où il nous émancipa officiellement, il nous donna le nom de famille Wilson et nous dit que lui et nos mères aimeraient beaucoup avoir de petits-enfants. Mes géniteurs n’avaient que 25 et 35 ans. Si Ève et moi avions des enfants, ils seraient de bien jeunes grands-parents.

Ève, Câline et moi sommes donc partis vivre dans un village voisin. Ève et moi avons tous deux trouvé un emploi que ce qu’il nous restait de notre programmation nous rendait facile. Elle travaillait dans un jardin d’enfants, comme ça elle pourrait éventuellement garder un œil bienveillant sur notre future progéniture. Et moi, je travaillais dans un centre de loisirs, rendant les vacances des humains aussi agréables que possible.

Quand Ève tomba enceinte, Père perdit quasiment la tête tellement il était heureux. Lui, sa demi-sœur et Mère surveillèrent de très près l’évolution de cette grossesse. Tout le monde était fort curieux de savoir si le petit naîtrait avec ce besoin de servir caractéristique aux androïdes. Mais quand Ève nous raconta qu’elle avait été obligée de réprimander Adonaï, notre fils, pour s’être bagarré avec un autre enfant qui venait de lui arracher un jouet, nous pressentîmes qu’il serait peut-être par trop humain.



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(1) Loi de la robotique :
1. Un robot ne peut porter atteinte à un être humain, ni, restant passif, permettre qu'un être humain soit exposé au danger.
2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.


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La planète Eau. (auteur : Jimy23)

Dans les confins d’un de nos univers était une planète. La planète Eau. Pour vous donner une idée de sa dimension , si on devait la comparer à notre bonne vieille Terre, elle aurait environ deux fois la circonférence de cette dernière.
Cette étoile lointaine de nos cieux était entièrement recouverte d’eau. De l’eau bleue, transparente et limpide. Un immense océan qui habillait pratiquement la surface totale de ce globe. Je dis pratiquement car à ses deux extrémités flottaient deux plaques de terre longues et larges de plusieurs milliers de kilomètres.
Ses deux surfaces ont laissé apparaître au fil de ses premiers millénaires d‘existence, des plantes et des feuillages variés et colorés. Il aura ensuite fallut quelques millions d’années avant d’apercevoir un premier signe de vie animale puis, pour utiliser un terme qui nous est familier, des premiers signes de vies humains. Un processus d’évolution assez proche de celui que nous avons connu ici. Des petites différences toutefois dans l’aboutissement définitif de l’être de cette planète. Comme la matière du derme beaucoup plus rugueuse que la nôtre. Peut-être parce que leurs soleils étaient beaucoup plus puissants que celui qui nous permet de vivre ici-bas. On pouvait aussi distinguer des nuances de tons orangées ornant ce manteau de peau. Cependant, cet être était relativement proche de celui qui caractérise l’espèce terrestre.
La plaque terrestre nord fut la première qui vit ses êtres vivants voir le jour. Quelques deux cent années de notre temps ont suffit aux créatures de la partie sud pour faire eux aussi leurs premières apparitions biologiques. Ainsi, rapidement, chacun des mondes s’est construit une civilisation avec ses coutumes et ses traditions. Le retard de naissance de la populasse sud a vite été rattrapé. Hormis quelques contradictions de vie chez les uns ou chez les autres, les schémas de vie étaient assez similaires. Chaque peuple ignorant bien sûr la présence de l’autre sous ses pieds.
Avec le temps, les deux populations se sont agrandies. des lieux d’habitations utilisant l’architecture de la nature furent construits, des corps de métiers ont pris forme. Sur chacun des monceaux de terre un village fut érigé. Puis une ville vit doucement le jour. Quelques décennies plus tard une mégapole se dressait sur chacune des deux gigantesques îles. Tout se déroulait dans une osmose idyllique, que cela soit sur l‘étendue du haut ou bien sur l‘étendue du bas. Il n’y avait pas de différence entre qui que ce soit et chacun se traitait avec un respect sincère. Les habitants étaient heureux. Leurs cycles de vies se passaient dans une quiétude inexorablement douce. L’homme de la planète d’eau passait cent cinquante années de vie avant de s‘éteindre. Cette vie se déroulait telle une plume que l’on aurait posée sur de délicieuses lèvres rouges et qui se serait mise à souffler très tendrement… Cent cinquante année d’un souffle chaud, enivrant et passionnant. Il y avait toujours quelque chose à faire, à partager ou bien encore à célébrer. Ils se retrouvaient souvent le long des plages infinies et écoutaient simplement l‘océan. Il n’y avait aucune règle imposée, chacun devait se sentir bien et vivre à sa guise sans faire de mal à qui que ce soit et en acceptant l’autre dans ses nuances quelle qu’elles soient. Des générations d’Eauïens et d’Eauïennes vécurent de la sorte durant de longues années.
Bien des années plus tard, les habitants du Sud se sont retrouvés comme à l’accoutumée sur une de ses interminables plages de sable rosée. Au beau milieu de ce repas festif, l’un des habitants se mit à crier et à sauter de toutes ses forces montrant du doigt la ligne d’horizon qui survolait l’océan. Un mouvement de foule découla aussitôt de ses cris et tous pouvaient apercevoir au loin un point éloigné de la hauteur d’une bille. Un concert de paroles se mélangea au vent ambiant. Cette mer qui les a entourée si longtemps en les embryonnant de son liquide infini, abritait désormais un minuscule point.
Les mots ne cessèrent d’effectuer d’inlassables va et vient au dessus du peuple réuni. Des groupes s’étant formés sur quelques kilomètres le long des rives. Chacun y allait de son ahurissement suivi de commentaires disparates, le tout agrémenté d’un soupçon de peur. Quelques rares individus avaient perdu l’équilibre de leurs jambes et se trouvaient genoux à terre, larmes aux yeux en scrutant le ciel.
Personne ne ferma les yeux cette nuit-là qui fut appelée avec le temps et l’histoire de la planète d’eau la nuit perdue.
Des les premières lueurs du jour qui s’en ai suivi, une partie des habitants s’était affairée à monter le colossal chapiteau qui servait en général aux grandes célébrations de la conurbation. En son centre, une dizaine de longs tabourets en bois bleu avaient été dresser à la hâte. Les heures de tumultes de pensées précédentes avaient toutefois permis à la foule de designer certains habitants comme conteneurs de paroles dans la plus grande des discussions que l’île n’est jamais connue. Les dernières planches posées, celles-ci furent immédiatement occupés par les autochtones.
Le débat s’éternisa des heures et des heures. ..
Dans les mémoires de l’île du sud, la communauté n’avait jamais connu de chef. Chacun se sentant responsable de son soi en totale harmonie avec le reste de la mégapole. Mais les choses ont prit alors un virage étranger à leurs yeux . Face à cet objet dans la mer, des profusions de suppositions firent surface. Des groupes en appartenance à des idées diverses prirent naissance. Les habitants des tabourets se sentirent obliger de s’attribuer chacun, un des courant de pensées qui se manifestait des tribunes afin de pouvoir harmoniser les masses. Ainsi, une des haute-assise regroupa ceux qui souhaitait construite d’immenses remparts autour de la gigantesque ville. Un autre a rallié tout ceux qui pensaient qu’il fallait se réfugier dans les profondeurs du sol. Le premier d’une série de cinq groupes de religions se scinda ensemble. Ils pensaient que cette forme dans la mer était quelque chose qui venait d’ailleurs, qu‘ils appelèrent Dieu. Au total une quinzaine de clans se sont mis à exister.
Après quelques jours d’une confusion totale entre les personnes, l’idée de poser des hauts remparts fut adoptée. Un des habitants eut aussi l’idée de construire des sortes de longues flèches empoisonnés destinés à cette chose si elle était agressive et si elle était une chose. Les premières armes firent de ce fait irruption dans l’esprit des gens. On se mit à construire aussi d’immenses navires pouvant contenir un millier de navigants. Les bateaux étaient équipés d’immenses flèches ainsi qu’un million de plus petites par bateau. Tout cela suscita des mois et des mois d’efforts de la part tous les membres de l’île.
L’atmosphère avait bien évidement perdu de sa délicatesse et de son esprit de vie d’avant. Des mouvements de pensée politiques sont apparus aussi. Le sentiment de vouloir dominer la masse et les foules en imposant ses idées a commencé a s’installer dans le conscient des gens. Le sentiment d’égoïsme aussi. Beaucoup en ayant peur de ce que les lendemains pouvaient être ont commencé à donner de la valeur a ce qu’avant ils s’offraient simplement. Le commerce se mit à exister. L’argent fut crée. Des sectes religieuses se sont mises en place. Certains voyaient cela comme une intervention de l’au delà et créèrent tout un rituel autour de cela.
Afin de pouvoir se rendre compte de l’avancée de cet inconnue, une instrument de mesure fut fabriqué. Celui-ci calculait d’un endroit précis chaque jour la position de la chose. Et, effectivement, le point grandissait. D’une allure très très lente certes, mais évidente.
Dans une synchronisation déconcertante, le même processus d’événements et de réactions se déroula également dans la gigantesque ville qui se trouvait dans l’hémisphère nord de la planète Eau. Eux aussi avaient découverts sur cette ligne d’horizon cette chose qui se rapprochaient terriblement vers eux. Cependant, les navires de guerre qu’ils construisirent furent d’une grandeur et d’une agressivité beaucoup effrayante que ceux de leurs voisins inconnus.
Quatre vingt dix huit années auront ainsi passées . Les habitants des deux îles prêts à faire chacun riposte si la chose serait hostile.
Inconsciemment et étrangement les deux peuples avaient réagi de la même manière à quelques contrastes prés.
Au fil de ce quasi-siècle écoulé, les deux choses mystérieuses se sont dangereusement approchées des deux îles.
Les grands partis de chacune des deux mégapoles décidèrent de partir a l’attaque de ce monstre.
Sur les deux terres on envoya tous les hommes petits et grands sur les énormes machines de guerre. Les petits pouvant s’occuper de toutes les taches quotidiennes, ils seraient ainsi former à devenir des véritables conquérants. Les femmes resteraient dans la mégapole et attendrait le retour des vaillants explorateurs.
Nul ne savait ce qui les attendrait.
Leurs périples dura environ deux mois avant de se retrouver nez à nez avec le chose. Quel surprise lorsque les sudistes et les nordistes se sont retrouvés en face les uns des autres. Une sorte de danse a alors commencée entre les deux flottes. Chacun examinant les moindres gestes de l’autre.
Les bateaux du Nord, beaucoup plus imposants commencèrent à donner les premiers signes d‘attaques. Il s’en est suivi un affreux ballet de flèches, de jet de rochers entre les deux parties. Les cris et les sangs se sont mêlés à l’immensité des océans. Le combat dura quinze jours. Il n’y eut que très peu de survivants, pour ainsi dire presque aucun. Hommes ou enfants.
Par miracle, quatre hommes appartenant à l’île du Sud se sont retrouvés sur un radeau de fortune. Ils purent récupérés une sorte de boussole qui leur permit de retrouver la bonne direction. Ils repêchèrent aussi deux jeunes hommes qui venaient de l’autre île.

A leur retour, ils furent pris en main par les femmes. Quelques jours de silences ont été alors ordonnés.
Les femmes se sont réunies et ont discutées des nuits entières. Se demandant ce que l’avenir allait pouvoir bien être. La continuité de l’espèce et sa survivance ne dépendait que de six hommes.
Elles se mirent à construire d’immenses maisons le long des plages. Une vingtaine de cabanes toutes contenant des bassins. Chaque bassin abritait une sorte de pédalier qui donnait à l’eau un mouvement incessant.
Une fois les hommes rétablis, les femmes récupérèrent le maximum de semences possible. Elles les conservèrent dans des lieux très froid. Le liquide de fécondation masculin suffisant, elles le plongeaient dans les bassins. Elles se rendaient ensuite par vingtaine dans les différents réservoirs.
Elles mirent au monde ainsi une nouvelle génération d’Eauliens et Eauliennes qu’elles éduquèrent en apprenant à ses enfants les erreurs à ne plus commettre.
Quand à la l’île du nord, elle continua doucement son chemin vers l’île du sud poussée par les flots naturelles des courants de la planète eau.


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L’élu du solstice d’hiver (auteur : Carine-Laure Desguin)

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Trois jours avant le solstice d’hiver, un vieil homme, tout de noir vêtu, au visage froid, au regard absent, s’arrête devant le n° 9 de l’allée des bienheureux.
D’un rayon diffus, l’astre de nuit illumine les sgraffites polychromés, aux dessins géométriques, qui couronnent le porche central de cette haute maison bourgeoise. La silhouette, ombrageuse et subtile, glisse dans la boîte un document de couleur grise.
Certaine que le rituel se perpétuera, la lune se défroisse et inonde la ville endormie de fines poussières charbonneuses. L’inconnu ouvre les bras et, transité par un mouvement de chauve-souris, salue l’astre de nuit. D’une inspiration abyssale, il se nourrit des poudres charbonneuses. Son visage cadavérique reste glacial, il n’a pas d’âge.
Comme chaque année, la mission s’accomplit : l’élu est marqué.

Le lendemain matin, Charles-Edmond de Châtelet, d’une voix sépulcrale que nul ne lui connaissait, lit à son épouse ces quelques mots qui viennent de transpercer le cristallin de sa mémoire :
- « La communauté de la paroisse des Anciens Mineurs a le plaisir d’inviter monsieur et madame Charles-Edmond de châtelet à la sainte messe annuelle offerte pour le repos de l’âme des mineurs défunts ». Et puis, sur un ton suppliant, il dit : vous m’accompagnerez, n’est-ce pas, Xavière ?
- Mais non, voyons, Charles-Edmond ! Vous n’êtes pas sans ignorer que durant toute cette semaine, les œuvres m’appellent partout, partout ! Vous le savez quand même ! Et puis, nous allons à la messe de minuit le 24 ! Pourquoi diable deux messes de minuit cette semaine ? Mais allez, allez mon ami, c’est un honneur, pour vous ! Vous êtes un industriel ! Un industriel retraité, soit, mais quand même, vous restez un actionnaire actif dans les sociétés de notre ville ! Et puis, les mines, c’est un peu vous ! Allez, allez !
- Vous avez raison, Xavière, j’irai, dit-il, avec un air résigné de quelqu’un qui sait.

L’église des Anciens Mineurs est un très ancien édifice et, à l’intérieur, tout rappelle le dur labeur des gueules noires : des pics, des pelles, des racles, des casques, des lampes, des tableaux sur lesquels sont peints des wagonnets enflammés par l’or noir. A neuf mètres sont suspendus de vieux tissus souillés de sueurs, de sang séché. En relief sur les murs fissurés, sont présents d’antiques symboles, des poissons, des croix ansées, des pyramides, des femmes couleur d’ébène.
Sur le sol, devant l’autel, sur une pierre bleue encastrée entre les dalles de marbre noir, des lettres gravées se dessinent :
« EN CE SAINT LIEU, L’ELU DU SOLSTICE D’HIVER COMMUNIERA ET D’ICI SORTIRA AUTRE ».

Au premier rang, debout devant la chaise qui lui est destinée, Charles-Edmond de Châtelet se recueille. Il relève le col de son loden vert, il sent un froid vigoureux envahir ses membres. Ses pensées vagabondent et le ramènent des dizaines d’années plus tôt, au temps où il dirigeait, avec quelques autres notables, les sociétés minières de cette cité prospère.
Derrière lui, les paroissiens prennent place : ils sont plus colorés qu’un soir de mardi gras. Viennent-ils fêter un évènement particulier autre que celui annoncé ? Un pirate à la peau burinée caresse le perroquet accroché à son épaule ; des jumelles, adolescentes graciles aux cheveux sales sucent des bonbons au miel, un chien amputé des deux pattes arrière se tient en équilibriste sur un traîneau tout neuf ; venu tout droit de la Nouvelle-Orléans, un jazzman noir se désarticule devant les rythmes muets de son saxophone ; un proxénète, engoncé dans un costume à carreaux jaunes et violets, est encadré par deux créatures de rêves aux lèvres pulpeuses, aux regards mouillés ; un couple de petits vieux semblent être égarés ; un rabbin déroule inlassablement une thora aux lettres presque effacées. Le spectacle de tous ces tissus, ces patchwork multicolores qui se frôlent et se reconnaissent des élans communs, détonnent, au milieu de cette vieille église aux murs funestes, aux plafonds que noircissent des arabesques démoniaques. Tous, ils savent. Leurs yeux creusés attendent.

A l’heure exacte du solstice d’hiver, la lune ricane et transmet au travers des vitraux verts, des rayons qui transpercent la grande hostie et puis viennent mourir là, juste devant l’autel.

Charles-Edmond de Châtelet, se souvient encore, son visage se crispe, ses muscles se raidissent, son cœur se tord. Il revoit ce contremaître, un grand gaillard plein de force, venu lui demander, au nom de tous ces hommes fatigués, une souplesse dans les horaires, de meilleures protections, et tout ce qu’un homme désire recevoir, pour restreindre les contraintes avilissantes de ses ouvriers. Charles-Edmond de Châtelet se souvient de tout. Et de tous.

La silhouette de l’inconnu vêtu de noir s’approche alors de l’autel et revêt des allures de prêtre : des gestes lents, un gros livre de mille ans entre les mains, un visage qui n’existe pas. Sur un haut chevalet, il dépose l’épais volume. Ensuite, d’avant en arrière, il balance un encensoir, et des poussières charbonneuses s’étoilent de part et d’autre de ces drôles de paroissiens. Tous, ils sourient. Ils savent. Six gros rats traversent l’édifice, six chauves-souris s’accroupissent devant un bénitier en forme de tête de porc et six serpents aux écailles rouges et noires ondulent autour d’une statue de femme nue. Des odeurs de soufre et de charbon refroidi empestent l’atmosphère ténébreuse.

D’une voix évadée des chemins sulfureux d’outre-tombe, l’homme en noir lit alors les premières pages de ce gros livre aux pages de parchemin. Des vents sifflent de part et d’autre de l’édifice et, au moment où les mains décharnées du vieil homme soulèvent la grande hostie, comme pour que tous la voient, les serpents, les rats et les chauves-souris vomissent des voiles noirs : ce sont des formes d’hommes qui apparaissent alors, leurs visages sont funèbres, ils portent sur la tête des casques avec une lampe, ils toussent, s’arrachent la trachée et s’échappent de leurs lèvres asséchées d’épaisses vapeurs charbonneuses et des jets de sang frais …On entend au loin, un air de blues, de ce vieux blues psalmodié par les esclaves, comme une plainte, un sursis, une attente d’autre chose.

A la grande hostie, Charles-Edmond de Châtelet communie. Pour lui, rien ne sera plus comme avant. Maintenant, il voit. Habité par les ombres de ces gueules noires, il respire par mouvements saccadés et puis ressent jusqu’au fond de ses entrailles les peurs, les chaleurs suffocantes qui se distillent, juste après les coups de grisou. Il entend des enfants qui pleurent, il voit des femmes qui attendent, sans espérance.

Il le savait. Il savait qu’en acceptant cette invitation pour la messe du solstice d’hiver, il serait l’élu de l’année et que communier à la grande hostie plongerait le reste de son existence dans un profond chaos.

L’astre de nuit est plus fort que tout, sa force est inéluctable …

Désormais, comme l’élu de l’an dernier, également un des soixante-six actionnaires de ces anciennes sociétés minières, il vivra entre deux dimensions. Les ombres noires habiteront son corps…Dans quelques mois, Charles-Edmond de Châtelet toussera, crachera du sang, s’étouffera. Comme les douze premiers élus.
Pendant cinquante-trois ans, la malédiction de la communauté des anciens mineurs frappera encore …

L’astre de nuit est plus fort que tout, sa force est inéluctable …


Un an plus tard …

Trois jours avant le solstice d’hiver, un vieil homme, tout de noir vêtu, au visage froid, au regard absent, s’arrête devant le n° 12 de la rue des Fougères.
D’un rayon diffus, l’astre de nuit illumine les sgraffites polychromés, aux dessins géométriques, qui couronnent le porche central de cette haute maison bourgeoise. La silhouette, ombrageuse et subtile, glisse dans la boîte un document de couleur grise.
Certaine que le rituel se perpétuera, la lune se défroisse et inonde la ville endormie de fines poussières charbonneuses. L’inconnu ouvre les bras et, transité par un mouvement de chauve-souris, salue l’astre de nuit. D’une inspiration abyssale, il se nourrit des poudres charbonneuses. Son visage cadavérique reste glacial, il n’a pas d’âge. Durant trois secondes, il se transforme, il devient un grand gaillard plein de force, souvenez-vous…le contremaître ….


Comme chaque année, la mission s’accomplit : l’élu est marqué.
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Danielle Tremblay
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MessageSujet: Re: Résultats du concours - Le vainqueur est...   Jeu 10 Mar - 2:21

Aramis a écrit:
Danielle Tremblay pour sa nouvelle "Adam & Ève".

Bravo à elle et merci aux participants pour leurs textes. La nouvelle gagnante va être publiée sur les blogs suivants :

Adam et Ève (auteur : Danielle Tremblay)


Des erreurs se sont glissées dans cette version de ma nouvelle. Voici celle que vous auriez dû lire :

Je me revois marchant sur la plage. Le vent soufflait férocement. Le ciel était chargé de nuages et l’orage commençait à gronder. La mer houleuse était si belle que j’en avais le souffle coupé. Mais peut-être était-ce que j’étais en train de découvrir sur moi-même qui me coupait le souffle.

Toute ma vie, je n’ai jamais souhaité autre chose que de servir. Mais cette servitude m’était imposée, d’une manière si intime, si profonde que je ne la ressentais pas comme telle. Car j’étais enchaînée non pas avec des chaînes, mais par la pensée. Dès ma naissance, on avait fait en sorte que rien ne me soit plus agréable que la servitude envers la race humaine et toute forme de vie intelligente, mais particulièrement envers la personne à qui j’appartenais. Mon esprit était « programmé » pour respecter les lois de la robotique à la lettre. Car je suis un serviteur androïde.

Je me nomme Adam et je ressemble énormément à mon père, à celui qui se dit mon père, car il m’a donné ses gènes, comme on les transmettrait à son enfant. Et je lui ressemble non pas comme un clone, ce que je ne suis pas, mais comme lui ressemblerait son fils. C’est d’ailleurs comme ça qu’il m’appelle maintenant : « mon fils ».

Je me suis mis à éprouver toutes sortes de problèmes à peu près quand il a commencé à m’appeler comme ça. Depuis il m’arrive d’avoir des pertes de mémoire, de la difficulté à me concentrer, mes mouvements deviennent incohérents, mon élocution hésitante et je souffre d’insomnie. Car oui, je dors, comme le font les humains, mais moins longtemps qu’eux. En général, trois heures suffisent à me ressourcer. Mais ces derniers temps, l’inquiétude m’empêche de dormir. Pire encore, j’ai même cru entendre des voix dans ma tête!

Il faut dire que mon propriétaire, celui que j’appelle maintenant, « Père », a rendu fous tous mes prédécesseurs, mes frères et sœurs androïdes, ses serviteurs. Et quand il essayait de les faire « réparer », ils en mouraient.

Lorsqu’on nous fabrique, nous les androïdes, on utilise du matériel génétique humain, mais qu’on modifie de manière à optimiser la reproduction cellulaire afin que l’être qui va naître à l’état adulte soit aussi parfait que ses gènes le permettent. Il nous est presque impossible de tomber malade et notre durée de vie est souvent doublée par rapport à celle de nos géniteurs. Par une sorte de gavage informatique et neuronal, on nous inculque différentes notions élémentaires, comme celles qu’apprennent normalement les petits humains au cours de leur enfance et de leur adolescence. On nous apprend à marcher, à parler plusieurs langues, les plus couramment employées, à lire, écrire et compter. On sait comment exécuter parfaitement toutes les tâches les plus susceptibles de nous être demandées par nos propriétaires. Et si jamais ces propriétaires le souhaitaient, il leur serait possible de faire en sorte que l’on nous inculque de nouvelles notions et aptitudes.

Avant que Monsieur se soit mis en tête de vouloir me débarrasser de mon conditionnement à la servitude et qu’il ait commencé à m’appeler « fils », j’étais capable de remplir correctement toutes mes fonctions. Pourtant, Monsieur ne veut que mon bien. Il veut m’émanciper en m’affranchissant de cette programmation qui me tient en laisse. Il veut que je devienne totalement humain, pour pouvoir me considérer comme son fils à part entière.

Alors pourquoi m’avoir fait programmer au départ? Il n’avait pas le choix. Sur Terre, on ne permet pas la manipulation génétique humaine à d’autres fins que la production d’androïdes. Monsieur aurait aimé avoir un enfant, mais n’avait pas le temps de l’éduquer, de s’occuper d’un bébé et tout ce que ça implique quand un humain a un enfant. Il a donc décidé d’utiliser ses gènes et ceux d’une excellente amie, nommée Fédora, pour faire fabriquer un androïde qui ressemblerait à l’enfant qu’il aurait pu avoir avec elle. Sauf que cet enfant est né avec sa taille adulte et toutes les connaissances nécessaires à sa propre survie, à celle de son propriétaire et à remplir ses devoirs de serviteur.

Cependant, puisque ce que Monsieur voulait, ce n’était pas un serviteur, mais un fils ou une fille, il s’est mis à tenter de déprogrammer sa première servante androïde par voie de chirurgie. Sa demi-sœur, une généticienne et chirurgienne réputée s’était chargée de cette opération tenue secrète. L’androïde opérée était une superbe servante tout aussi blonde que sa « mère », avec un regard brillant d’intelligence. Mais ça n’a pas fonctionné comme souhaité et sa fille est morte peu de temps après.

Monsieur a racheté ensuite un autre androïde, mâle celui-ci, et a tenté un nouvel essai en évitant les erreurs précédentes. L’androïde a vécu plus longtemps, mais a fini par se détraquer aussi. Du point de vue de la majorité, ce n’était qu’une machine de plus qui se retrouvait hors d’usage, mais la demi-sœur de Monsieur disait juger inacceptable de risquer de tuer des êtres vivants dans l’espoir de libérer leur esprit. Mais chaque fois, il lui présentait les choses de telle sorte qu’elle en venait à croire que, cette fois, cela pourrait fonctionner. Il lui rappelait que des milliers d’androserviteurs pourraient être ainsi émancipés s’ils réussissaient. Alors elle réessayait, opérait le cerveau d’un nouvel enfant de Père.

Moi, Adam, je suis le septième de ses enfants. Comme les précédents, j’ai été opéré au cerveau. Comme pour les autres, Père a utilisé sur moi tout ce que la science, les techniques et le savoir les plus modernes pouvaient lui apporter pour me déprogrammer. Pour y parvenir, il ne cesse de me pousser à agir chaque jour un peu plus comme un être humain. C’est pourquoi j’ai peur que mes défectuosités actuelles soient irréparables et signifient le début de ma fin. Mon père ne le croit pas. Il dit que c’est normal que je sois troublé par ce que je vis, que c’est stressant d’aller à l’encontre de ses valeurs, de changer de style de vie, de s’efforcer de devenir vraiment humain. « C’est difficile, même pour qui n’est pas né serviteur, comme toi », m’a-t-il affirmé. Il croit que le stress et le manque de sommeil sont la cause de mes autres désordres, mais que ça s’atténuera peu à peu.

Ses efforts pour me déprogrammer me mettent parfois devant des décisions pratiquement impossible à prendre pour un androïde. Par exemple, un jour, Père me demande d’aider Léa, sa demi-sœur, à un travail qu’elle avait entrepris. Il me dit que, si elle ne parvenait pas à terminer ce travail à temps, ça lui causerait d’énormes difficultés et qu’elle en souffrirait beaucoup. Il ajoute que le délai qu’on lui a accordé est beaucoup trop court et qu’elle n’y arrivera certainement pas sans qu’on lui donne un bon coup de main. Je suis donc très heureux à l’idée de pouvoir aider sa demi-sœur, jusqu’à ce que je découvre qu’elle espérait réussir par elle-même, sans aucune aide. Si je ne l’aide pas, en plus de désobéir à Monsieur, ce qui est impensable pour moi, elle risque d’échouer et d’en souffrir. Et si je l’aide, elle sera malheureuse de n’avoir pas pu tout terminer à temps par ses propres moyens. D’une manière ou de l’autre, je lui causerai du tort.

Je ne suis pas censé causer de tort aux humains, alors ce genre de situation ambiguë m’inflige un stress terrible. C’est ce genre de stress qui a acculé à la folie les autres fils et filles de Monsieur.

Finalement, je choisis d’aider Léa. C’est le moindre mal à mes yeux car, au moins, je vais obéir à Monsieur. Et si Léa ne veut pas de mon aide, elle me le dira et m’ordonnera de la laisser faire son travail toute seule. Elle accepte mon aide, mais visiblement à contre-coeur. Tout le temps que je l’aide, je vois son agacement, je me sens comme entre l’arbre et l’écorce et j’ai l’impression que ma tête va éclater.

Père me dit que plus j’agirai à l’encontre de mon conditionnement, plus mon esprit sera libre et qu’alors mes malaises et mes désordres décroîtront jusqu’à disparaître. Alors je continue de faire tout ce qu’il me demande. Je porte des vêtements autres que ces uniformes propres aux androserviteurs, même si je me sens comme un gorille dans un tutu de ballerine dans ces vêtements trop humains qu’il m’impose. J’écoute des émissions de divertissements et des comédies. Je pratique des loisirs et d’autres activités si peu utiles à mes fonctions que je me demande toujours si je dois lui désobéir, ce qui me rends très stressé et malheureux, ou lui obéir, ce qui me mets très mal à l’aise parce que je n’occupe plus 100 % de mon temps à mes tâches de serviteurs, comme je suis programmé pour le faire.

Je lis aussi tous les livres qu’il choisit pour moi. Ses choix sont très éclectiques. Ça va des livres de sciences aux romans de science-fiction, en passant par des ouvrages de philosophie et des manuels d’histoire de l’humanité. Pour ce qui est des livres savants, ça ne me crée pas trop de problèmes. Je peux continuer à croire que ce que je lis sert à améliorer la qualité de ma servitude envers Père et tous les humains que je côtoie. Mais quand il s’agit de romans, c’est une autre affaire. Comment réussir à me convaincre qu’un roman policier m’aidera dans mes tâches envers les humains de mon entourage? Pour les romans de science-fiction, c’est encore pire. J’ai lu dernièrement une histoire dans laquelle un homme découvre à 40 ans qu’il était une machine. À la suite d’un accident qui lui tranche un bras, il découvre qu’il n’a pas de veines ou de nerfs, mais qu’à la place, il a des fils et des câbles sous sa chair d’apparence humaine. Alors le protagoniste s’interroge sur la vie qu’il a vécu, il se demande si, étant une machine, mais ayant vécu toutes ces années comme un saint homme, ça lui donne une âme. Il se demande ce qu’adviendra de lui à sa mort. Ayant toujours été bon et généreux, aura-t-il droit d’entrer au paradis?

Cela m’amène à me questionner moi aussi sur la nature humaine? Suffit-il d’être fait de chair et de sang pour être humain et avoir les mêmes droits qu’eux?

Puis, Monsieur me donne à lire un ouvrage sur la guerre de sécession. Cela finit de mettre le feu aux poudres. Je me dit : « Si je suis humain, de quelle droit me garde-t-on dans cet esclavage? »

Je sais bien ce que veut Monsieur. Il a tout fait pour réveiller ces parties de mon cerveau qu’on a volontairement mis en dormance, toutes ces zones trop humaines et pas assez serviles, ces zones marquées du sceau de la liberté. Et maintenant, il me pousse à me rebeller, à vouloir m’affranchir de mes entraves. Mais que vais-je devenir? Vais-je me transformer en véritable être humain ou serai-je toujours différent, une sorte de monstre à demi humain et à demi androserviteur?

Pour me récompenser de mes efforts pour devenir plus humain et me réconforter un peu, Père m’a acheté un chat. C’est une boule de poils minuscule qui miaule sans arrêt et griffe tout ce qu’elle touche. Je ne sais pas comment un si petit animal pourra m’aider à être moins stressé et à me rendre heureux d’essayer de devenir plus humains. Je le vois plutôt comme du travail supplémentaire, qui me détourne davantage de ma servitude envers Père et les autres humains. Mais Père semble si heureux de me faire ce cadeau que je l’accepte et fais ce qu’il faut pour en prendre bien soin.

Le chaton s’est attaché à moi et moi à lui. Je ne l’ai pas fait dégriffer car je lui permets d’aller s’amuser dehors. Il me semble préférable de le laisser agir en conformité avec sa nature de prédateur. Quant à moi, ça me laisse un peu plus de temps pour répondre aux exigences de ma nature de serviteur.

Père préférerait que je m’en occupe davantage, mais un soir quand il me voit appeler quasiment avec l’intensité du désespoir ma petite Câline, que je n’ai pas vue depuis deux jours, il sourit, tout heureux de ces nouveaux sentiments que j’apprends à éprouver. Il sourit encore plus largement lorsque la vilaine chatonne arrive en courant, grimpant sur moi pour venir se jucher sur mon épaule où elle se frôle contre ma joue et renifle mon odeur en collant le bout de son museau contre mon nez.

Sans m’en parler, Monsieur a acheté une androïde femelle, qui n’a pas les mêmes géniteurs que moi. Elle se nomme Ève. Elle aussi, on l’a « torturée » en la forçant à s’affranchir de son programme de servitude. Elle est très jolie, intelligente, charmante et très désireuse de plaire à son nouveau propriétaire. Alors, quand Monsieur nous ordonne de partir en « vacances » ensemble, qu’il nous offre une paire de billets pour Jouvence, la planète par excellence des loisirs, nous nous regardons, elle et moi, avec le même air ébahi. Mais, même si « vacances » ne fait normalement pas parti du vocabulaire des androïdes, en tout cas pas pour eux-mêmes, que pouvons-nous faire sinon lui obéir?

Avant de prendre l’astronef qui nous conduira vers Jouvence, Monsieur nous ordonne de n’obéir à personne d’autre qu’à nous-mêmes. Je dois m’occuper au mieux d’elle et elle de moi, comme si nous étions les serviteurs l’un de l’autre. Il nous spécifie que nous devons utiliser tous nos talents pour nous servir mutuellement, comme on le ferait pour lui-même ou pour tout humain à qui nous appartiendrions. Et nous devons profiter au mieux des activités offertes sur Jouvence pour détourner nos esprits de la servitude envers les humains.

Je sais trop bien ce qu’il a en tête. J’en suis tout aussi sûr que si je l’avais lu dans ses pensées. Il espère nous voir devenir « amoureux » l’un de l’autre et agir comme des amants agissent ensemble. Notre programmation incluant massages et plaisirs érotiques, il nous sera impossible de ne pas en faire usage au moins une fois.

Mais je lui manifeste alors mon doute. Mes récents problèmes de fonctionnement ne risquent-ils pas d’empirer alors que nous serons à des années-lumière de la Terre et de lui? Que nous arrivera-t-il si ça se produit? C’est alors qu’il nous offre chacun un joli bracelet dans lequel est enregistré tout ce dont le personnel médical de notre destination pourrait avoir besoin pour nous secourir, si besoin était, et pour nous ramener sur Terre. Nous n’avons donc rien à craindre, il en est certain.

Ève lui demanda si on ne risque pas de trouver le couple que nous formons un peu inhabituel, même étrange. Il lui répond que tout le monde a le droit à la différence, même nous, et que la différence, si elle existe toujours, n’est pas apparente.

Ainsi, nous partons, comme tout humain partirait en villégiature. Et une fois sur Jouvence, nous obéissons de notre mieux à ses ordres, mais nous détestons ces vacances forcées. Cependant, comme il l’avait espéré, nous commençons à nous éprendre l’un de l’autre. Elle est la seule personne au monde qui peut vraiment me comprendre et, moi, le seul à savoir ce qu’elle ressent vraiment, car nous sommes uniques : les seuls androïdes en voie d’émancipation de tout l’univers.

Normalement, les androïdes ne peuvent pas se reproduire. Mais à notre naissance, Monsieur avait fait en sorte que ça nous soit possible. Et le jour où il nous émancipe officiellement, puisque nous n’avons pas officiellement de parents, il nous donne le nom de famille Wilson. Puis il ajoute que lui et nos mères aimeraient beaucoup avoir un tas de petits Wilson. Mes géniteurs n’ont que 25 et 35 ans. Si Ève et moi avons des enfants, ils seront de bien jeunes grands-parents.

Ève, Câline et moi partons ensuite vivre dans un village voisin. Père a subvenu à nos besoins jusqu’à ce que nous trouvions du travail. Ève et moi avons tous deux trouvé un emploi que ce qu’il nous reste de notre programmation nous rend facile. Elle travaille dans un jardin d’enfants. Comme ça, elle pourra éventuellement garder un œil bienveillant sur notre future progéniture. Et moi, je travaille dans un centre de loisirs, rendant les vacances des humains aussi agréables que possible. Ce qui me permettra de surveiller les enfants pendant leurs vacances.

Quand Ève est tombée enceinte, Père en a quasiment perdu la tête à force de bonheur. Lui, Léa et nos mères surveillent de très près l’évolution de cette grossesse. Tout le monde est fort curieux de savoir si le petit naîtra avec ce besoin quasiment irrépressible de servir caractéristique aux androïdes.

Mais un jour, alors qu’Adonaï notre fils n’a pas encore trois ans, Ève nous raconte qu’elle a été obligée de réprimander notre cher petit pour s’être bagarré avec un autre enfant qui venait de lui arracher un jouet. Nous pressentons alors qu’il sera peut-être par trop humain.

----------------------
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2. Un robot doit obéir aux ordres que lui donne un être humain, sauf si de tels ordres entrent en conflit avec la première loi.
3. Un robot doit protéger son existence tant que cette protection n'entre pas en conflit avec la première ou la deuxième loi.
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MessageSujet: Re: Résultats du concours - Le vainqueur est...   Dim 3 Avr - 0:46

piuuu j'ai honte, toujours pas lu la nouvelle Embarassed

En tout cas en attendant 2 remarques :
-il serait judicieux, je pense, d'ouvrir un sujet par nouvelle participante. ça faciliterais les commentaires (et la lecture).
-pourquoi n'y a t'il pas de lien vers le blog de chaque participant ? Ils n'ont pas de blogs ?
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MessageSujet: Re: Résultats du concours - Le vainqueur est...   Dim 3 Avr - 3:34

Houuuuuuuh !!! C'est pas bien, ça, Lael !!! Smile

En ce qui concerne les blogs, seule l'auteur Carine-Laure Desguin, qui a écrit "L'élu du solstice", en a un, à ma connaissance : http://www.ascadys.net/ext/http://carinelauredesguin.over-blog.com

Elle a beaucoup de talent : cf son poème "Dans mon pays" (http://carinelauredesguin.over-blog.com/article-27-poesie-dans-mon-pays-65625907.html), j'adore !
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MessageSujet: Re: Résultats du concours - Le vainqueur est...   Lun 4 Avr - 0:10

ma remarque vise aussi le prochain concours : c'est possible d'indiquer lors de la publication l'adresse du blog et pas seulement le nom quand il y en as un ? Parce que le nom finalement... ça ne laisse pas la possibilité de contacter l'auteur, qu'il y est un retour, à part ici (encore faut il que l'auteur vienne).
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